Pogostemon cablin – c’est son nom latin complet – est originaire des Philippines, mais aujourd’hui il pousse principalement dans les îles de Sumatra, Sulawesi et Java.

Cachées parmi de précieux châles en cachemire fabriqués en Inde pour leurs propriétés antimites, les feuilles de patchouli sont arrivées en Europe au milieu du XIXe siècle par bateau. D’abord très appréciée pour son odeur séduisante, elle est jugée trop sexy à la fin du XIXe siècle et n’est plus utilisée qu’à l’occasion des fêtes de fin d’année. cocottes Les femmes de la haute société lui préféraient des senteurs florales et plus légères. Dans les années 70, il a regagné sa place principale, en raison de son lien avec la spiritualité orientale.

Sans prétendre à l’exhaustivité, je vais évoquer quelques parfums à base de patchouli : la plupart d’entre eux font actuellement partie de ma collection – ou l’ont été par le passé.
Patchouli Réminiscence (1970) Composé par Maurice Sozio, c’est l’un de mes préférés du genre, et il reflète totalement l’esprit des années 70. Il est ambré et boisé, avec un patchouli de type terreux, et une impression de chocolat. C’est un patchouli de référence, un grand classique.

Elixir aromatique Clinique (1971) de Bernard Chant est un autre must-have fantastique : un chypre floral, où le patchouli et la mousse de chêne sont des ingrédients typiques de ce genre. Pour moi, c’est un parfum très sévère, peut-être parce que je me sens plus proche de l’amertume de la structure chyprée, alors que beaucoup d’autres amateurs de parfums le trouvent incroyablement sensuel.

Patchouly Etro (1985) est un autre type de patchouli classique que j’ai adoré pour son caractère élégant. Légèrement sec et vert, il me rappelle Lorenzo Villoresi ainsi que le Patchoulis de Santa Maria Novella.

Ange Thierry Mugler (1992) d’Olivier Cresp est une sorte de tournant de la parfumerie moderne : je me souviens encore de sa sortie, j’avais 17 ans et je voyageais en France, je suis entrée dans une boutique de parfums et le propriétaire me l’a présenté. Je suis entrée dans une parfumerie et le propriétaire me l’a présenté. J’ai immédiatement dû l’acheter car j’étais hypnotisée (PS : j’étais une adolescente très économe, mais à l’époque j’étais déjà une passionnée de parfums et je n’aurais pas hésité à le sentir dès le premier coup de foudre). La combinaison d’un patchouli sombre avec du maltol éthylique, du chocolat et de la vanille crée une atmosphère unique en son genre, qui n’est pas comprise immédiatement mais qui est rapidement copiée sans relâche.

Patchouli Blanc Réminiscence (2015) est une version plus récente, toujours centrée sur la même note, que j’apprécie beaucoup mais qui est extrêmement différente de l’original des années 70 : elle est crémeuse, poudrée, avec une ouverture pétillante due aux aldéhydes.

Coromandel Chanel par Jacques Polge (2007) est probablement l’un des meilleurs exemples de cette catégorie pour son caractère raffiné et son élégance. Un boisé riche, ambré avec des facettes épicées, que je trouve très subtil et sophistiqué.

L’huile essentielle de patchouli est une matière que j’ai utilisée dans presque tous mes parfums comme facette – très visible dans The Dark Side (2016), mais seulement avec Sticky Fingers (2020) je me suis concentré sur elle en tant que protagoniste principal.

Il existe plusieurs types de transformation des feuilles de patchouli, et j’ai utilisé une distillation purifiée. Il s’agit du cœur de patchouli, obtenu par une seconde distillation à partir de l’huile essentielle « entière » ( brut), en extrayant d’abord les particules les plus volatiles, puis les particules moyennement volatiles, en laissant finalement de côté les composants les plus lourds.

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